[Livre Performance Allyteams] Interview Robert Pirès - Football

11 janvier | Actualités | Maximin DUMAS
[Livre Performance Allyteams] Interview Robert Pirès - Football | Allyteams

Champion du monde 1998 et d’Europe en 2000, Robert a fait partie de la génération dorée du football français. En club, il a remporté deux titres de champion d’Angleterre et un titre de meilleur joueur du championnat. Il commente aujoud’hui les matchs des Bleus.

Participation aux Jeux Olympiques 1996.

Robert, comment définiriez-vous la performance ?

À mon sens, la définition de la performance ne fait pas de doute, il s’agit de la capacité à se surpasser et à surpasser son adversaire. La recherche de la performance est donc constante dans le sport de haut niveau, c’est la raison d’être des sportifs.

Quelle est la plus belle performance de votre carrière ?

Je ne vais pas être original mais c’est notre parcours en 1998 aboutissant à notre victoire en coupe du monde avec l’équipe de France, car pour un footballeur la coupe du monde est le trophée ultime, le plus prestigieux.

À titre de comparaison, je dirais que la victoire de la coupe du monde correspond à une médaille d’or olympique pour un coureur de 100 mètres.

Remporter une coupe du monde de football ou un titre olympique est comparable car ces deux compétitions réunissent les meilleurs athlètes du monde dans leur discipline, tous venus pour gagner, ce qui nécessite de se surpasser et de performer tout au long de la compétition.

Or, dans tout sport, et notamment en football, si toute équipe peut créer une surprise lors d’un match, beaucoup plus rares sont les équipes qui ont la capacité d’enchaîner les performances, c’est-à-dire maintenir un haut niveau d’intensité, de concentration, de technicité et d’esprit d’équipe tout au long d’une compétition.

Quelle est la plus grande contreperformance ou déception de votre carrière ?

les quatre finales que j’ai perdues, c’est-à-dire celle en Ligue des Champions avec Arsenal, celle en Europa League avec Marseille, et les deux défaites lors de la dernière journée du championnat avec Metz, puis Marseille, qui nous ont privés du titre de champion de France. C’est extrêmement frustrant de perdre une finale car j’ai toujours fait du sport pour avoir le plus beau palmarès.

Je me souviens qu’après toutes mes finales perdues, les gens m’ont très souvent dit que la défaite n’était finalement pas grave et qu’il fallait se féliciter d’avoir atteint la finale. Je ne supportais pas d’entendre ce discours, et même avec du recul, je ne le supporte toujours pas. J’ai toujours pensé qu’atteindre une finale n’avait pas d’intérêt si elle était finalement perdue. Seule la victoire compte, et ce quelle que soit la compétition. C’est pour cela que je cite ces quatre finales perdues, même si les compétitions et les enjeux de ces quatre matchs étaient différents.

Vous avez participé aux Jeux olympiques en 1996 à Atlanta avec l’équipe de France olympique, que retenez-vous de cette expérience ?

Je retiens que nous n’avons pas gagné cette compétition, nous avons été éliminés en quart de finale par le Portugal.

Cette compétition reste néanmoins une expérience magnifique car les Jeux olympiques sont un évènement sportif à part. En tant que sportif, on représente son pays devant le monde entier et devant les meilleurs athlètes de l’univers.

Émotionnellement, c’est aussi un évènement particulier, notamment avec la cérémonie d’ouverture qui est grandiose.

De plus, si beaucoup disent que, dans le football, un titre olympique n’a pas la valeur d’une coupe du monde, ce que je ne peux nier, tout sportif lorsqu’il participe à une compétition souhaite la gagner.

Alors bien sûr qu’une participation aux Jeux olympiques et à une coupe du monde n’est pas comparable dans le football, cependant, à l’époque, j’ai eu la chance de participer aux Jeux olympiques et deux ans plus tard, en 1998, je disputais la coupe du monde en France.

C’est en 1998 que je me suis rendu compte que ma participation aux Jeux olympiques de 1996 m’avait beaucoup apporté sur un plan personnel et émotionnel car ce que j’ai connu émotionnellement lors des Jeux m’a servi en 1998 dans ma manière d’appréhender la coupe du monde.

J’aime d’ailleurs à penser que c’est cette compétition olympique qui m’a permis de véritablement lancer ma carrière internationale car entre 1996 et 2000 j’ai eu la chance de participer aux Jeux olympiques, être champion du monde et être champion d’Europe avec l’équipe de France.

Je pense donc que tout jeune joueur qui a la possibilité de participer aux Jeux olympiques doit saisir cette chance, acquérir lors de ces grands évènements le maximum d’expérience, notamment dans l’approche et l’engagement physique mais également psychologique que nécessite le haut niveau.

Il se dit souvent qu’un Euro est plus difficile à remporter qu’une coupe du monde. Selon vous, quelle a été la compétition la plus difficile à remporter entre la coupe du monde en 1998 et l’Euro en 2000 ?

Sans hésitation, je vous confirme que l’Euro a été beaucoup plus difficile à gagner car techniquement les clubs européens travaillent différemment que les clubs des autres continents, et que le niveau est plus élevé.

J’ai le souvenir qu’à l’Euro 2000 nous avions souffert face à l’Espagne, au Portugal, et à l’Italie en finale car chaque équipe a des profils de joueurs similaires. Nous sommes tous formés de la même manière ce qui fait que c’est difficile de battre des équipes européennes.

En coupe du monde, c’est très souvent l’expérience européenne qui permet de s’imposer dans certains matchs, ce qui n’empêche qu’il y a des formations africaines, sud-américaines, par exemple, qui jouent très bien au football, mais c’est cette expérience européenne qui permet très souvent de faire la différence.

D’ailleurs, pour faire le parallèle avec l’entreprise, mettre en avant l’expérience des collaborateurs et permettre à ces collaborateurs de la partager avec des plus jeunes doit être, à mon sens, un élément sur lequel s’appuyer afin de pouvoir performer.

Lors de la coupe du monde, nous avions eu des premiers matchs que nous nous étions rendus faciles contre l’Afrique du Sud et l’Arabie Saoudite, deux victoires qui s’étaient rapidement dessinées car nous avions mis toute l’intensité et la concentration qui nous ont permis d’asphyxier notre adversaire et de ne pas le laisser espérer pouvoir faire un résultat contre nous.

A contrario, lors de l’Euro en 2000, nous avions, dès le début de la compétition, affronté la République Tchèque et les Pays-Bas, et forcément, face à de tels adversaires, l’entrée en matière n’était pas la même, la pression n’était pas la même non plus et nous savions que nous n’avions pas le droit à l’erreur, et qu’il fallait que l’équipe soit prête et à son meilleur niveau dès le premier match.

Une fois encore, l’expérience aide à appréhender une compétition qui est très dense et dans laquelle une contre-performance lors du premier match n’est pas envisageable.

Je dirais donc que cette notion d’expérience est primordiale car à niveau quasiment équivalent, l’expérience est l’élément qui fera basculer un match, ou, en entreprise, qui permettra à un projet d’être plus compétitif en s’appuyant sur l’expérience de ceux qui ont déjà eu l’occasion de gérer une telle situation.

En 1998, l’équipe de France n’était pas favorite, qu’est-ce qui a permis à cette équipe de remporter la compétition ?

En effet, nous n’étions pas favoris ! Ce qui nous a permis de remporter cette compétition, c’est d’abord la qualité des joueurs, il ne faut pas oublier que cela reste le plus important dans le sport.

Autre élément décisif, les choix effectués par Aimé Jacquet au niveau de sa sélection. Aimé avait frappé fort en ne sélectionnant pas des joueurs pourtant considérés par certains comme incontestables, tels que Jean-Pierre Papin, Eric Cantona et David Ginola. Cependant, à cette époque, Aimé Jacquet avait pris ce risque de ne pas les sélectionner car il souhaitait tourner la page et construire un groupe avec de très jeunes joueurs comme David Trezeguet et Thierry Henry pour ne citer qu’eux, en sachant pertinemment que ses choix allaient être fortement critiqués et remis en cause.

Ces choix d’Aimé dans la construction de son groupe et dans sa façon de les assumer sont des éléments forts qui nous ont permis de gagner la coupe du monde. En tant que joueurs, nous étions tous conscients des choix qui avaient été effectués et des critiques qui pesaient sur cette sélection, et je crois que ces choix et les conséquences qui en ont découlées ont responsabilisé le groupe.

Il faut également, dans le sport, une part de réussite, et nous l’avons eue lors de cette compétition. Parfois, un match peut se gagner ou se perdre sur un détail, ou plutôt sur un excès ou un manque de réussite. Nous avons bénéficié d’un peu de réussite lors de cette compétition, mais nous nous la devions, car nous avons toujours mis tous les ingrédients pour que les matchs basculent en notre faveur, c’est-à-dire de la concentration, de l’intensité, un esprit d’équipe et la confiance de chacun en ce groupe.

Entre 1998 et 2000, cette équipe donnait l’impression que, même en difficulté, elle finirait toujours par gagner le match, quel que soit l’adversaire. Avez-vous ressenti cette sensation à l’intérieur du groupe ?

Oui, je suis totalement d’accord, pendant deux ans c’est la sensation que nous avions également. Ce n’est pas de la prétention ou de la suffisance, mais pendant ces deux ans il faut reconnaître que tout nous a réussi. Cette sensation n’est pas due au hasard, je pense que le succès à la coupe du monde a créé au sein du groupe une très forte confiance et une envie de tout gagner, ensemble. Nous avions conscience de la force de notre groupe, dans lequel toutes nos individualités se mariaient parfaitement.

J’aime parler de nos individualités car il ne faut pas oublier que nous avions de grands joueurs dans cette équipe. En reprenant les joueurs de l’équipe individuellement, et lorsque nous prenons le temps d’analyser les carrières de chacun, on ne peut que constater que nous avions d’excellents joueurs de football.

Mais pour revenir à ce que je disais précédemment, un groupe ne peut pas seulement être la somme d’individualités s’il veut gagner. S’il est nécessaire d’avoir cette qualité individuelle, il faut également réussir à créer une alchimie, un équilibre, tant sur le plan technique, tactique que psychologique, et c’est pour cela que les choix de l’entraîneur sont primordiaux.

Vous avez joué six ans à Arsenal (2000-2006), sûrement dans la meilleure équipe de l’histoire du club et avez remporté plusieurs titres en championnat, en coupe et participé à la finale de la Ligue des champions. Avec du recul, quel regard portez-vous sur vos années londoniennes ?

Le mot qui me vient à l’esprit est « amusé ». Je me suis amusé à jouer dans cette équipe car nous étions forts, nous avons beaucoup gagné, je pense même que l’équipe d’Arsenal saison 2003-2004 était l’une des meilleures que la Premier League ait eues. Nous avions tout dans cette équipe, un peu d’ailleurs comme l’équipe de France entre 1998 et 2000, et Arsène Wenger a fait un travail remarquable en ayant bâti une équipe faite pour gagner.

Arsène a réussi à construire une équipe qui avait un équilibre parfait, c’était notre force.

Je ne suis pas entraîneur mais je pense que l’équilibre est l’élément le plus difficile à trouver dans une équipe.

À cette époque, au-delà du niveau individuel de chaque joueur, Arsène a construit l’équipe en s’appuyant sur un noyau de joueurs anglais, il estimait d’ailleurs que ce noyau était très important, une base solide, et ensuite sont venus se greffer à ce noyau des joueurs étrangers, les français, espagnols, hollandais, et Arsène a recruté un gardien allemand. Pour Arsène, le mélange de cultures et de nationalités était capital et il a tout fait pour que ce mélange fonctionne et que nous puissions atteindre un équilibre.

Sur le plan du jeu, nous avions des joueurs techniques, des joueurs plus rugueux, des joueurs collectifs, des individualistes qui peuvent faire une différence seuls, à tout moment, des joueurs très expérimentés, des jeunes joueurs etc.

Nous avions donc un équilibre total, que ce soit sur l’aspect purement footballistique ou sur l’aspect culturel et de la personnalité. C’est cet équilibre qui a été notre force.

Lors de la saison 2004, vous finissez champion d’Angleterre et invaincu. Comment expliquez-vous cette performance, qui n’a jamais été égalée ?

Ce n’est pas simple de réussir à expliquer cette performance mais je pense que plusieurs facteurs nous ont permis de la réaliser.

Je l’explique déjà par ce que j’ai dit précédemment, c’est-à-dire grâce à notre équilibre. Je n’oublie pas que sur certains matchs nous avons eu de la réussite. Il y a des matchs que nous ne méritions pas de gagner mais ces matchs-là nous réussissions à ne pas les perdre et à réaliser un match nul.

Je mettrais également en avant notre sérieux, notre concentration et notre détermination. Souvent, les spectateurs pensent qu’une équipe qui a le potentiel pour être invaincue est en danger lorsqu’elle joue contre les cinq ou six premiers du championnat. À mon sens, ce ne sont pas ces matchs qui sont les plus compliqués à gagner mais les matchs contre des équipes de bas de classement qui sont, peut-être, moins bien préparés ou abordés par l’équipe favorite, même inconsciemment.

À l’époque, j’ai le souvenir que jamais nous ne nous sommes dit qu’un match allait être facile, mais nous nous répétions à chaque match qu’il fallait mettre notre adversaire en difficulté le plus rapidement possible, quel que soit le classement.

Ne pensez-vous pas que votre équipe faisait peur à ses adversaires, ce qui vous permettait, même avant le début du match, de partir avec un avantage psychologique ?

Honnêtement oui, je me rends compte, avec le recul, que notre équipe faisait peur. Je me souviens par exemple qu’à l’époque, lorsque nous jouions à domicile dans notre stade d’Highbury, il y avait, pour accéder au terrain, un tout petit tunnel. Dans ce tunnel, j’ai le souvenir d’avoir vu la peur sur le visage de nombreux adversaires lorsque Patrick Vieira arrivait. C’était très fort comme image.

Patrick en imposait avec son gabarit et son regard noir, il parlait énormément et fort, il nous motivait, il nous rappelait que nous étions chez nous, dans notre stade, et que notre seul objectif était la victoire.

Il y a parfois eu des situations tendues, notamment lors de nos confrontations avec Manchester United. Je me souviens que le duel à distance Patrick Vieira / Roy Keane était déjà très tendu dans le couloir avant le début du match.

Avec le recul, je me rends compte que ces quelques minutes pesaient beaucoup sur le match. Cette intimidation de l’adversaire, toujours dans le respect, avait un fort impact psychologique sur les joueurs adverses.

Vous avez joué en Ligue 1, Premier League et Liga, est-ce que la notion de performance est différente entre ces championnats ?

Non, je n’ai pas ressenti de différence entre ces championnats sur la notion même de performance, car quelle que soit votre équipe ou le championnat dans lequel vous jouez, l’objectif est toujours le même, se surpasser pour performer et réussir à gagner. Cependant, plus vous jouez dans une équipe dont les ambitions sont élevées, plus il vous faut supporter la pression car tout autre résultat qu’un titre de champion serait une contreperformance. En revanche, si la notion de performance est identique, l’approche des matchs est différente selon le championnat, je pense surtout que c’est une question de culture.

Vous avez quitté Arsenal en 2006 pour rejoindre Villareal. Pourquoi avoir pris le risque de quitter un club dans lequel vous étiez un joueur majeur ?

À l’époque, en 2006, j’avais trente-deux ans, je sentais qu’Arsène avait peutêtre un peu moins confiance en moi et j’avais envie de connaître une autre ligue, c’est pour cela que j’ai décidé de partir en Espagne. À cette époque, j’avais déjà réalisé une belle carrière et je n’avais plus rien à prouver, mais j’avais encore l’envie de me lancer des défis et de gagner. Le club de Villareal était un club ambitieux et le challenge m’a tout de suite plu.

Ayant des origines espagnoles, je n’ai pas eu de difficultés d’adaptation, notamment car je maitrisais la langue, ce qui simplifie la communication et donc l’intégration.

Je suis finalement resté 4 ans à Villareal et cette expérience m’a permis de découvrir d’autres sensations, d’autres manières de préparer un match et c’est ce que je recherchais.

Il y a donc vraiment des façons différentes d’aborder des matchs entre les différents championnats ?

Oui c’est complètement différent. En Angleterre, c’est très relax, j’ai d’ailleurs été surpris lors de mon premier match avec Arsenal. Je suis arrivé dans le vestiaire, c’était le premier match de championnat à Sunderland et il y avait la musique très forte dans le vestiaire. Patrick Vieira a vu que j’étais très surpris et m’a expliqué que les anglais mettaient toujours de la musique pour se préparer.

Dans les autres pays, en Espagne et en France, je n’ai pas connu cette décontraction dans les vestiaires car avant les matchs, chaque joueur était dans sa bulle et avait sa préparation individuelle.

Est-ce qu’un joueur d’expérience peut apporter des pistes de nouvelles méthodes de travail lorsqu’il arrive dans un club ou doitil se plier aux méthodes du club ?

Généralement, lorsqu’un club vous recrute et que vous avez de l’expérience et une certaine qualité, vous pouvez bien sûr essayer d’apporter de nouvelles méthodes de travail. Cependant, il faut toujours le faire de manière intelligente.

Tout d’abord, lorsque vous arrivez dans un nouveau club, l’important est de vous adapter à ce club, à votre entraîneur, aux joueurs qui sont à vos côtés, et également au championnat dans lequel vous allez jouer.

Dès lors que vous avez fait cet effort d’adaptation, il est bien sûr possible de partager votre expérience, votre vécu, pour tirer votre équipe et votre club vers le haut.

Je dirais donc qu’il faut dans un premier temps faire un effort personnel d’intégration et d’adaptation et une fois cette étape franchie, proposer des nouvelles idées de travail, par exemple.

Vous aviez reconnu dans la presse il y a plusieurs années que jusqu’à l’Euro 2000 vous vous mettiez trop de pression en sélection. Quel a été le déclic ?

Oui, la pression avec la sélection je l’avais et je la ressentais car jouer pour son pays représente un enjeu différent. Le déclic a été la finale de l’Euro 2000, lorsque je délivre la passe décisive à David Trezeguet lors du but en or, et que nous devenons champions d’Europe. Pour moi, cette action a eu un impact très positif. Cela peut paraitre surprenant car il s’agit juste d’une passe, mais avec le recul je pense que j’avais besoin d’un déclic
psychologique.

Cette action n’était pas anodine je suis entré sur le terrain à la 85ème minute à la place de Bixente Lizarazu et nous perdions 1-0. Sylvain Wiltord a égalisé dans les arrêts de jeu et nous avons donc disputé la prolongation (il s’agissait de la règle du but en or à l’époque).

Juste avant de débuter la prolongation, Marcel Desailly était venu me voir et m’avait dit « on va voir de quoi tu es capable maintenant ». C’était une équipe de très haut niveau avec des joueurs expérimentés qui te mettaient la pression. Peut-être que cette petite phrase de Marcel a eu un aspect positif car quelques minutes plus tard je déborde sur le côté gauche et je centre pour David Trezeguet qui inscrit le but qui nous permet de devenir champions d’Europe. Peut-être que sans cette phrase de Marcel je n’aurais pas réalisé le même débordement, j’aurais peut-être été moins audacieux. Difficile de savoir l’impact psychologique réel que cette phrase a eu sur moi, mais cette action m’a totalement libéré pour la suite de mes sélections avec l’équipe de France.

Vous avez joué avec de grands joueurs, lesquels vous ont le plus marqué ?

Honnêtement, ce n’est pas une question évidente car j’ai en effet eu la chance de m’entraîner et jouer avec des grands joueurs. Je dirais qu’il y a plusieurs joueurs qui m’ont marqué, pour différentes raisons.

L’un des plus forts techniquement, incontestablement, c’est Zinédine Zidane.

En termes d’évolution, j’ai été impressionné par Thierry Henry que j’ai eu la chance de pouvoir suivre de près car nous jouions tous les deux à Arsenal et nous nous retrouvions également en équipe nationale.

Enfin, il y a également des joueurs qui, par leur simple présence et leur jeu toujours tourné vers le collectif, rendent meilleurs tous leurs coéquipiers. C’était le cas de Dennis Bergkamp, avec lequel j’ai joué à Arsenal. Je suis d’ailleurs persuadé que lors de mes années à Arsenal si j’ai réussi à me surpasser et à performer c’est notamment grâce à lui.

Enfin, il y a également des joueurs qui marquent car, même sans être les meilleurs du monde, ils te permettent de progresser. Je pense notamment à Philippe Vercuysse avec qui j’ai joué à Metz en 1994-1995. Jouer à ses côtés m’a soulagé et rassuré, j’étais jeune à l’époque et lui était expérimenté, son expérience a été positive pour moi et m’a permis de jouer libéré et de progresser.